Qui suis-je ?

  A mon heureux sourire on pourrait le croire mais je ne suis pas né de la cuisse de Jupiter comme Dionysos qui ne s’en vantait pas… Au passage, je fais remarquer que certains qui n’en sont pas issus non plus se flattent d’être exceptionnels et prétendent donner des leçons aux foules.

Comme l’a écrit Tchouang Tseu (zhuāng zǐ) bien avant notre ère :
« Un chien n’est pas un bon chien parce qu’il aboie beaucoup. »

bébé

Féru de sagesse chinoise je me suis toujours flatté d’être simplement le fils d’une mère aimante et d’un père normal.
De ma mère, pour ne pas attenter à sa discrétion, je ne dirai rien.
De mon père, rien non plus, parce que cet homme énigmatique a disparu, emporté dans la tourmente des années quarante avant que j’aie pu le connaître.

Comme beaucoup d’êtres humains, je me suis exprimé très tôt. À une heure, je braillais, mais je me suis vite calmé, car ma douce mère me prenant sur son ventre encore douloureux me caressa si bien que je m’endormis.
Depuis je suis un bon dormeur, ce qui, paraît-il, est bon pour le cerveau. Je tiens donc pour redevable à ce parfait sommeil ma très bonne mémoire et une certaine facilité d’écriture.

Je garde d’excellents souvenirs de mes années en classe enfantine puis des classes préparatoires à la sixième.
Mon grand-père maternel m’ayant appris patiemment à lire dans son journal, je lisais fort bien dès mon entrée chez les tout-petits. Ce qui me valut quelques copains, disparus aujourd’hui, mais dont je me souviens avec émotion, et quelques ennemis que je tiens pour de parfaits crétins, car, n’est-il pas vrai, la jalousie est un vilain défaut.

Parmi les premiers se trouvait un souffre-douleur très costaud, mais maladroit. Je me pris à détester ceux qui s’amusaient à le harceler.
Depuis lors, je hais les grandes-gueules, les dictateurs petits ou grands et pour faire court, tous ceux qui se proclament au-dessus des peuples et prétendent les diriger ou les guider.
Je me méfie comme de la peste des minorités qui ne représentent qu’elles-mêmes et bloquent toute une société pour préserver souvent d’exorbitants privilèges.

Au lycée, je brillais assez bien en français. J’aimais à rédiger des rédactions parce que je pouvais en toute liberté émailler du vécu avec des joyeusetés issues de mon imagination.
J’étais hermétique aux mathématiques et je ne m’en félicite pas, encore aujourd’hui. De cette discipline, j’ai pu franchir les obstacles, aidé par un professeur, héros de la Grande Guerre, l’aspirant Buffet. Je cite rarement les noms de ceux dont j’ai croisé la route, mais je ne peux rien écrire à propos de mes études sans évoquer cet homme d’exception.

Le baccalauréat en poche, je filai droit vers l’Université, puis muni de bons et solides diplômes, j’entrepris en honnête sursitaire mon service militaire. La guerre d’Algérie étant finie, j’échappai à cette horreur.
De cette période obligée, « les classes militaires », je dirai peu sinon qu’il est regrettable que la jeunesse moderne ne puisse s’y frotter. Ce n’est pour personne un épisode inoubliable, mais je reconnais qu’il permet en se mêlant à des individus très divers, braves garçons, fieffés imbéciles, dictateurs de casernes et autres, de se préparer à la vie civile, et, suivant la langue en usage de nos jours, à se conduire en bon citoyen.

Je me suis marié (trop…) et ma vie sentimentale est un triste champ de ruines. Je me réjouis d’avoir trois enfants et deux (grandes) petites-filles. Tous font mon bonheur. J’essaie de faire le leur.

Bonne plume, esprit curieux, aimant les découvertes et les voyages, je me suis dirigé sans hésiter vers le journalisme.
Pour être bref, je dis que je me flatte d’avoir écrit dans de grands quotidiens, d’importants magazines et enfin, pour ma propre maison d’édition, d’avoir créé une revue d’art éditée en France et les pays de langue espagnole.

Auteur

J’ai beaucoup voyagé, presque sur tous les continents, pour mon métier et par passion. Pour ne pas me laisser enfermer derrière les barbelés des langues, je me suis appliqué à parfaire l’anglais et l’espagnol appris au Lycée, puis à étudier le portugais, l’italien et, non sans effort, le chinois mandarin.

Jean Cocteau a écrit « qu’il aurait aimé être le Paganini du violon d’Ingres ». Je ne sais si je mérite ce titre, mais j’ai peint, exposé plus de 100 tableaux, dont près de 60 ont été achetés par des admirateurs inconnus, et j’ai décoré plus de 200 pièces en porcelaine (plats, vases, etc.).

L’écriture est restée ma principale activité. Auteur de livres d’art chez Denoël, Fleurus, je viens (2016) d’être remarqué par les Éditions Hélène Jacob que je tiens pour une maison dynamique, à la pointe de l’édition de demain et déjà riche d’un beau catalogue.
Je suis très fier d’en devenir à mon âge avancé (84 ans) un des auteurs. Je parle de mes bouquins dans les pages de ce site…

Un conseil en guise de conclusion :
« Qui veut gravir une montagne commence par le bas. » (Confucius – Kǒng Zǐ -555-479 av. J.C.)